Publié le · 3 min de lecture · Restaurants et cafés
Un plancher de cuisine qui reste glissant après le nettoyage n’est presque jamais mal lavé. Il est mal rincé. Le dégraissant dissout le gras, mais s’il n’est pas retiré, il laisse un film savonneux qui est plus glissant que le gras d’origine. C’est un contresens fréquent, et une cause directe d’accidents de travail.
Le mécanisme
Un dégraissant alcalin agit en saponifiant les corps gras — il les transforme littéralement en savon. Ce savon doit ensuite être évacué. Passé à la mop sans rinçage, il se redépose en séchant et forme une pellicule qui reprend l’humidité ambiante à chaque service.
Résultat : un plancher visuellement propre, sec au toucher le matin, et glissant dès que la cuisine monte en température.
La méthode en trois passes
- Application — dégraissant à la dilution prescrite, laissé agir le temps indiqué. Ne pas surdoser : plus de produit signifie plus de résidu à retirer.
- Action mécanique — brosse ou monobrosse. Le dégraissant décolle, mais c’est le brossage qui détache réellement le film des micro-aspérités du carrelage antidérapant.
- Rinçage et récupération — à l’eau claire, avec aspiration de l’eau sale plutôt qu’un simple passage de mop, qui étale la solution au lieu de l’enlever.
Le piège du carrelage antidérapant
Les revêtements de cuisine commerciale sont volontairement rugueux. Cette rugosité, qui donne l’adhérence, retient aussi le gras et le savon dans ses creux. Une mop plate ne descend pas dans ces creux : elle nettoie le sommet des reliefs et laisse le fond chargé.
C’est pour cette raison qu’un plancher antidérapant mal entretenu devient paradoxalement plus glissant qu’un carrelage lisse : les creux saturés forment une surface continue et savonneuse.
À quelle fréquence en profondeur ?
L’entretien quotidien maintient ; il ne récupère pas. Prévoyez un traitement en profondeur toutes les deux à quatre semaines selon le mode de cuisson. Une friture ou un wok aérosolise du gras en continu et charge un plancher trois fois plus vite qu’une cuisine froide.
Au-delà de six semaines sans traitement de fond, le gras se polymérise et ne répond plus au dégraissant courant : il faut un décapage, plus long et plus coûteux.
Ce que ça coûte de ne pas le faire
Une chute en cuisine, c’est un arrêt de travail, une déclaration à la CNESST et une majoration de cotisation. Le calcul de l’entretien en profondeur ne se fait pas contre le coût du nettoyage, mais contre celui d’un seul accident évité.
C’est le socle de nos interventions en restaurants et cafés : dégraissage avec rinçage réel, et traitement de fond planifié à date fixe plutôt qu’au moment où le problème devient visible.
